Foyers actifs détectés par satellite — nord de l'Algérie
Ces points sont des anomalies thermiques vues depuis l'espace, pas des incendies confirmés. Seules la Protection civile et les autorités font foi. N'utilisez pas cette carte pour décider d'une évacuation. Protection civile →
Tout vient de sources publiques, consommées telles quelles. Les points chauds sont repérés par des satellites qui mesurent l'infrarouge : ils voient la chaleur, jamais les flammes ni la fumée. Le vent vient du modèle GFS (NOAA). La qualité de l'air vient du modèle européen CAMS. Les surfaces brûlées viennent d'EFFIS (Copernicus). Les précipitations sont une estimation satellite IMERG (NASA). Les bilans officiels viennent du canal Telegram public de la Protection civile, la vigilance météo du flux CAP de l'Office National de la Météorologie, et les foyers géostationnaires du jeu Meteosat de NASA FIRMS.
Quatre capteurs sont interrogés en parallèle, tous en orbite polaire : ils survolent l'Algérie quelques fois par jour. Sur les dernières 48 heures, 17 passages ont été constatés. Un feu peut donc apparaître avec environ trois heures de retard.
Non. Un point est une détection : une case de l'image satellite où le capteur a mesuré une anomalie thermique. Cette case mesure environ 375 m de côté pour VIIRS, 1 km pour MODIS.
Le nombre de détections d'une wilaya n'est donc ni un nombre d'incendies, ni une surface. C'est un nombre de cases chaudes vues, toutes passes confondues : un même endroit revu par deux satellites compte deux fois. Sur l'épisode de Jijel, 1 712 détections correspondaient à 1 624 emplacements distincts, soit une emprise d'environ 138 km² — 6 % de la wilaya.
La couche « regroupements » rassemble les détections voisines dans un rayon de 4 km : un grand incendie peut n'afficher que quelques groupes, et un seul groupe peut représenter des dizaines de détections.
La taille du cercle ne dit pas la surface qui brûle. Elle traduit la puissance dégagée : un cercle plus large veut dire « ça chauffe plus fort », pas « ça brûle sur plus de terrain ».
L'espace entre deux points n'est pas forcément épargné. Un satellite ne détecte que ce qui dépasse un seuil de chaleur. Un flanc de feu qui progresse doucement, un feu courant sous les arbres, une zone masquée par la fumée ou les nuages : rien de cela n'apparaît. Cette carte montre des points de chaleur détectés, pas le contour d'un incendie. Aucun outil satellite ne montre ce contour ; il est établi au sol.
Deux familles de satellites regardent l'Algérie. Les polaires — VIIRS, MODIS — passent quelques fois par jour : ils voient fin, 375 m, et mesurent la puissance, mais laissent trois heures de trou entre deux passages. Les géostationnaires — trois Meteosat, servis par la même API FIRMS — sont fixes au-dessus de l'Afrique et livrent une image toutes les huit minutes environ ; en échange ses pixels font 2 km de côté, soit 400 hectares, et un petit départ s'y noie sans franchir le seuil. Les deux couches sont séparées et ne sont jamais fusionnées : les additionner ferait croire à une couverture homogène qui n'existe pas. Ce que le géostationnaire apporte n'est pas « plus de feux » — il en voit moins — mais la continuité : au clic, la puissance quart d'heure par quart d'heure, qui dit si le feu grossit ou retombe. Quand un créneau manque, le trou reste visible.
La bascule 🛰️ pose une image satellite sous la carte : MODIS Terra en vraies couleurs, servie par la NASA. On y lit le couvert végétal, le désert, la mer et les nuages du jour — pas une route ni une maison, la résolution étant de 250 m par pixel. Elle est datée, et c'est ce qui a guidé le choix : une imagerie haute résolution non datée afficherait un état vieux de plusieurs années à côté de feux en cours. Pendant un rejeu, l'image suit la date affichée ; MODIS ne produisant qu'une vue par jour, elle ne change qu'au passage d'un jour à l'autre.
Une torchère gazière brûle en permanence. Le satellite la voit à chaque passage, avec une confiance maximale — et elle ressemble alors à un incendie que personne ne va éteindre. Le 31 août 2026, le seul signal du bloc « à vérifier » était une torchère à Douar El Ma, dans la wilaya d'El Oued : envoyer quelqu'un la vérifier est exactement ce que cet outil doit éviter. Ce qui distingue une torchère d'un incendie n'est ni la puissance ni la confiance, mais la continuité : la torchère brûlait 17 heures sur deux jours, quand deux vrais incendies mobilisant des bombardiers d'eau donnaient une et deux heures. Deux critères indépendants servent à les reconnaître — la proximité d'une infrastructure pétrolière cartographiée, et cette continuité mesurée dans notre propre historique. Elles ne sont pas supprimées : elles sortent de la carte, des regroupements, du classement des wilayas et de la liste « où aller regarder », leur nombre est affiché partout, et une case les réaffiche. La carte de fraîcheur, elle, les compte toujours : une détection de torchère prouve tout autant qu'un satellite est passé, et l'écarter là reviendrait à sous-déclarer la surveillance.
La Protection civile publie plusieurs fois par jour un bilan sur son canal Telegram public : nombre total de feux, nombre éteints, nombre encore actifs, et répartition par wilaya. Ces chiffres sont repris tels quels et affichés à part. Ils ne sont jamais additionnés aux détections satellite, parce que les deux ne comptent pas la même chose : la Protection civile compte des interventions, le satellite voit des anomalies thermiques. Un feu maîtrisé disparaît du bilan alors que le sol reste chaud pour le satellite ; à l'inverse, le satellite voit des torchères et des brûlages agricoles que personne ne va éteindre. Les afficher côte à côte permet à chacun de corroborer l'autre.
Le panache est un calcul, pas une observation. On part du foyer, on prend le vent prévu à plusieurs hauteurs, et on fait avancer la fumée heure par heure en la laissant s'élargir. La direction retenue est une moyenne pondérée sur l'épaisseur de la couche où la fumée se mélange, parce que la fumée ne suit pas le vent du sol.
L'ouverture de 12° traduit l'incertitude de direction, pas une dispersion physique : plus la durée augmente, plus l'incertitude grandit. Ne sont pris en compte ni le relief, ni la colonne de convection au-dessus d'un grand feu, ni les brises locales.
Il n'existe pas de modèle de vent fin sur l'Algérie, contrairement à la France : le panache y est nettement moins fiable, surtout sur le relief kabyle. Il n'existe pas non plus de mosaïque radar publique ; les précipitations affichées sont une estimation satellite à ~10 km. Et le géostationnaire, désormais branché, ne compense pas tout : à 2 km de côté il ne voit que les feux assez gros, et un petit départ passe encore par les trois heures de FIRMS.
Cet outil ne remplace personne. Si vous êtes concerné, suivez les consignes de la Protection civile et des autorités. Eux seuls font foi.